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Marinette et la Maison des feuilles

samedi 14 février 2004Didier Gualeni

J’ai vu Marinette le premier vendredi de février. Il y a un mois environ elle jouait au tennis. En se reculant pour attraper la balle, elle a disparu à plus de sept mètres sous terre. Reposant sur une sorte de terre-plein, accrochée à une racine, elle sentait en bougeant ses pieds que la terre tombait bien plus bas. En effet les galeries de la carrière creusées sous le cours de tennis font plus de vingt mètres de profondeur...

Dix casernes de pompier ont été mobilisées, elle a été extirpée des profondeurs de la terre après une heure et demie d’intervention, d’angoisse, de difficultés à respirer. Elle s’en est sortie sans fracture, le corps couvert de bleus, bien choquée par cette aventure peu ordinaire.

Photo provenant du site http://www.bspp.fr
© Dominique Bidet

Je n’ai pas osé la prendre en photo, il faut que le temps passe, je ferai son portrait cette année je pense.

Cette histoire m’a replongé dans un univers bien étrange, celui de la Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski.


Un livre déroutant quand on l’ouvre pour la première fois. On y voit des typographies différentes, des pages presque vides, d’autre bien pleines avec des cadres de couleurs où sont inscrits des mots, des notes interminables en bas de pages...

Quand on rentre dans ce livre on a soudain peur de ce monde souterrain, on se dit qu’il est là peut être accessible depuis notre propre maison. Un livre extrêmement original qui m’a marqué.

Tout s’annonce bien jusqu’à ce qu’il découvre une pièce qui jusqu’alors n’existait pas. Passé l’étonnement, il se rend à une évidence troublante : la maison est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Navidson tente d’explorer les lieux mais, après avoir manqué se perdre, il engage des explorateurs professionnels. L’horreur commence alors. Aussi bien pour les membres de l’expédition que pour le lecteur - lui-même égaré dans le dédale des notes qui envahit les pages comme un lierre maléfique.
Que cache la maison ? Quel est ce grondement qu’elle émet de temps en temps ? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampanô semble-t-il le rendre fou ? À la fois jeu de piste, récit fantastique, dérive personnelle, essai faussement académique.
La Maison des feuilles a pour effet de changer progressivement le lecteur en apprenti sorcier, monteur de salle obscure, détective amateur, spectateur. Une lecture littéralement habitée.

Texte de la quatrième de couverture du livre.

"Je fais encore des cauchemars. D’ailleurs, j’en fais si souvent que je devrais être habitué depuis le temps. Ce n’est pas le cas. Personne ne s’habitue vraiment aux cauchemars". Ainsi parle Johnny Errand au seuil de cette Maison des feuilles, et de poursuivre sa mise en garde : Ça ne se produit pas immédiatement, mais sans prévenir vous vous apercevrez que les choses ne sont pas telles que vous pensiez qu’elles étaient.

Livre subversif, livre défendu, lecteur est prévenu... et bien entendu, tenté. Dans son introduction, Johnny explique comment il a trouvé un mystérieux manuscrit à la mort d’un vieil homme aveugle, décidé de le mettre en forme et de l’annoter de façon très personnelle. Le texte se présente comme un essai sur un film le Navidson Record, réalisé par Will Navidson, un photoreporter lauréat du prix Pulitzer. Will, qui vient d’emménager avec sa famille dans une maison en Virginie, filme son installation, réalisant une sorte de " home movie ".

- Site officiel en anglais http://www.houseofleaves.com

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